Canada (Est)

Le Mont-Mégantic en refuge

En pleine préparation pour le demi-marathon hypothermique de Montréal, mon amie Stéphanie et moi avons été freinées par une grosse tempête de neige. Impossible de courir, ça dégoulinait de partout! Hors de question pourtant d’arrêter de travailler notre cardio. Pourquoi ne pas finir l’année avec une belle randonnée en raquette de deux jours à la place? Bingo! Nous voilà parties en Estrie du 30 au 31 décembre 2016!

Le parc National du Mont-Mégantic appartient au réseau de la SEPAQ. Il faut donc s’acquitter des droits d’accès au parc qui s’élèvent à 8,50$ par jour. Le parc est divisé en deux secteurs, celui de l’observatoire d’où nous sommes parties qui propose 30 km de sentiers de randonnée de raquettes, et celui de Franceville qui comporte une quinzaine de kilomètres de sentiers.

Le secteur de l’observatoire

La terre et les étoiles sont les deux mots d’ordre du parc national. En effet, on y retrouve la première Réserve internationale de ciel étoilé avec le centre de recherche en astronomie, le centre d’interprétation de la nature et de l’astronomie et un observatoire dédié au public. L’ASTROLab situé non loin du centre de découverte et de services est un haut lieu de diffusion de l’astronomie au Québec. Il présente des expositions et un observatoire public.

Au sommet du Mont-Mégantic

Par ailleurs, le site de la SEPAQ nous apprend que les sommets du mont Saint-Joseph, Mégantic et Victoria abritent des écosystèmes forestiers rares et exceptionnels puisqu’à partir de 900 mètres d’altitude on distingue un groupement forestier de type boréal que l’on appelle également la sapinière à oxalide des montagnes.

Le secteur regroupe dans les monts six refuges pouvant accueillir de 2 à 10 personnes. Il faut réserver son lit avant la randonnée en téléphonant directement à la SEPAQ. Le paiement se fait lui aussi d’avance. Si vous êtes deux, je vous recommande sans hésiter le refuge du Mont Saint-Joseph qui est selon moi le plus joli endroit où dormir. Notre refuge, la Voie lactée se situe quant à lui sur le plus haut sommet du Parc. La vue et le refuge en soi étaient tous deux époustouflants. Le secteur de l’observatoire offre des sentiers de randonnée en raquette, mais aussi en ski de fond.

Refuge Saint-Joseph

La montée au sommet du Mont-Mégantic (1105 m)

Le refuge se situe à 5,5 km du centre d’accueil. Mais attention, ça monte! Le parc offre la possibilité de monter vos bagages pour vous dans les refuges. Stéphanie et moi voulions vivre l’expérience à fond et assumer aussi tout notre matériel. Pas évident de faire son sac quand on part en autonomie en hiver et qu’il faut rapporter sa lumière, son eau pour s’hydrater, cuisiner et se laver, son réchaud, sa bouffe, son sac de couchage. Le refuge est uniquement équipé d’un lit avec matelas et d’un poêle à bois avec du bois déjà sur place pour le chauffage. Tout le reste se trouve dans notre sac.

Comme notre refuge se situe sur un site de recherche en astronomie, nous n’avons pas le droit d’utiliser nos lampes frontales à l’extérieur du bâtiment. Nous n’avons donc pas d’autre choix que d’arriver avant le coucher du soleil. Le départ est fixé à 11h00 en pleine tempête de neige. Les flocons étaient gros comme des fleurs de coton, les arbres pleuraient de blanc et le paysage s’étendait, digne d’un film. Ce n’est pas une mince affaire que de monter 5,5km en raquette, sacs sur le dos, les pieds s’enfonçant dans l’abîme blanc.

Après une pause lunch dans le refuge de la Grande-Ours, nous continuons notre ascension. Plus nous montons, plus le ciel se couvre d’un gris bleu menaçant. Il commence à faire très froid. Les bâtons de marche ne sont pas de trop pour contrebalancer le poids sur le dos. Vers 15h30, nous atteignons enfin le sommet du Mont-Mégantic et le site de l’observatoire. Nous ne voyons pas grand-chose, il fait très sombre, le soleil se couche tôt à cette période de l’année. Mais les lueurs argentées nous laissent devant une merveilleuse étendue de neige. Le spectacle est magique. Un lièvre blanc nous rejoint. Pas farouche le petit.

             

 

La nuit au refuge de la Voie Lactée

Tous les refuges sont accessibles aux randonneurs en journée entre 9 h et 16 h. Une toilette sèche se trouve à proximité des camps rustiques, mais dans celui de la Voie lactée, nous avons la chance d’avoir une toilette sèche à l’intérieur. Toujours une histoire de lumière je suppose. Nous constatons avec surprise que le refuge comporte deux chambres fermées à clé, la dame à l’accueil m’ayant donnée la nôtre avant le départ. Nous avons donc notre espace à nous, ce qui est un luxe lorsque nous sommes en refuge! Le lit superposé est double.

Stéphanie rallume le feu et s’attelle à préparer notre repas à l’aide du réchaud. Rapidement, nous nous rendons compte du manque d’eau. On est pourtant partie chacune avec 4L sur le dos. Le froid a gelé les bouteilles en journée. Nous décidons donc de faire fondre de la neige pour la rendre potable le lendemain. L’opération est plus compliquée que prévue car la casserole remplie de neige donne très peu d’eau. Il faut également la bouillir pour la rendre potable. J’ai avec moi des comprimés pour traiter l’eau, ce qui est bien plus facile quand on la récupère directement liquide dans les rivières par exemple. Mais là, c’est une autre paire de manches! Un couple très sympa partage le refuge avec nous. À 20h30, nous sommes tous couchés, la grosse journée et l’obscurité du chalet aidant!

Pendant la nuit, j’ai eu tellement chaud que j’ai eu mal à la tête. Je dormais sur le lit du haut et la chaleur du poêle à bois était devenue incontrôlable! Je me suis à peine blottie dans mon sac de couchage alors que dehors la température affichait -30 degrés. Heureusement, j’avais prévu mon liner, un drap de soie ou coton que l’on place normalement dans le sac de couchage pour ne pas le salir.

Le lendemain, le réveil sonne à 7h00 du matin. J’observe les paysages de notre balcon du refuge perché sur le mont. C’est tout simplement grandiose! Le ciel est d’un bleu éclatant et nous offre une vue sur toute la région. Les couleurs oscillent entre le blanc et le bleu. Il fait tellement froid qu’il est impossible de sortir ses mains des gants. Mais ce paysage vaut de l’or.

Notre refuge au petit matin

   

Le site au sommet du Mont-Mégantic

Randonnée vers le Mont Saint-Joseph

Après nous être assurés d’avoir assez d’eau, nous amorçons la descente vers le Mont Saint-Joseph. Ce sont environ 10 km qui nous attendent pour cette deuxième journée. La neige est tellement tombée toute la nuit qu’il est très difficile au début de trouver notre chemin. Les sentiers sont complètement remplis de neige. On avance dans une grosse poudreuse qui s’étend parfois jusqu’aux genoux malgré les raquettes. La randonnée s’annonce exigeante. On croise le refuge du Col des trois sommets. La vue y est chouette! Partout, on distingue des traces d’animaux, dont plusieurs qui ne peuvent provenir que d’un cerf ou d’un orignal. Impressionnant. La quantité de neige nous empêche d’accéder au sommet du Mont Victoria. En revanche, sur la Promenade Boréale il y a un point de vue à ne pas louper. Nous avons dû recréer le chemin dans la neige pour l’atteindre. Arrivé en haut, c’est juste féerique. Des couleurs à couper le souffle. Il fait toujours très froid.

L’un des deux points de vue sur la promenade Boréale

Nous accueillons le sommet du Mont Saint-Joseph avec beaucoup de joie. Le refuge pour deux personnes qui s’y trouve est tout mignon et nous décidons de luncher ici…avec huit autres randonneurs! Le retour est essentiellement de la descente. Nous allons plus vite car des randonneurs sont montés à contresens ce matin. La neige est plus tassée. Nous croisons beaucoup de mésanges. Je me demande comment elles arrivent à supporter ce froid.

Promenade Boréale
Autre point de vue sur le chemin
Une mésange croisée en route
Arrivée au sommet du Mont Saint-Joseph
Toilettes sèches du refuge Saint-Joseph
Chapelle au sommet

Nous regagnons la voiture du baume au cœur. Quelle meilleure façon que de finir son année par une randonnée dans la nature, un paysage décadent et un beau ciel bleu?

Mes cheveux ont bien eu le temps de geler / intérieur du refuge St-Joseph / Croix au sommet

Renseignements

Boucle des trois sommets:

Mont-Saint-Joseph (1065 m), Mont-Victoria (1055 m), Mont-Mégantic (1105 m)

  • 15,4 km (prévoir entre 5 à 8 h de randonnée en fonction de la quantité de neige et du nombre d’arrêts).
  • Randonnée difficile
  • Départ de l’accueil, secteur de l’observatoire au 189, route du Parc, Notre-Dame-des-Bois (Québec),J0B 2E0.
  • Suivre les sentiers du Mont-Saint-Joseph, de la Promenade boréale, du col du Mont-Mégantic et de la Grande-Ourse.
  • Possibilité de louer des raquettes à l’accueil
  • Réservation des refuges par téléphone au 1 800 665-6527. Environ 30 dollars la nuit/personne.

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