Help-X Nouvelle-Zélande

Notre premier job dans un verger bio!

Après notre superbe expérience en Help-X chez Barbara et Jim dans le coin de Masterton, nous décidons qu’il est sérieusement temps pour nous de trouver un travail rémunéré. La région de Wararapa est plutôt spécialisée dans le vin et comme ici c’est le printemps, il n’y a pas tellement de travail dans le secteur. Nous décidons donc de poursuivre notre chemin tranquillement vers le nord jusqu’à Napier dans la région de Hawkes Bay. Nous prenons plus de deux jours pour y arriver car en chemin nous nous arrêtons à plusieurs points d’intérêts dans l’arrière-pays et nous couchons dans des freedom campground, des campings gratuits.

Comment avons-nous trouvé du travail?           

Le jeudi après-midi, nous traînons dans une bibliothèque sur la route (le Wifi y est gratuit). Nous trouvons des annonces pour du travail mais toujours postées par un contracteur ou par une auberge de jeunesse, jamais par l’employeur lui-même. Je décide néanmoins d’envoyer trois courriels; deux à des backpackers (auberge de jeunesse) et le dernier à un contracteur appelé PickNZ qui se charge de placer des gens dans les vignobles, vergers et tout ce qui relève de ce qu’on appelle le picking. Le lendemain matin, nous visitons la jolie ville art-déco de Napier. Je reçois une première réponse, d’un packpacker qui me dit qu’il aurait n contact pour d travail mais en échange nous devons loger dans son auberge pour 130 dollars la semaine par personne et lui reverser 20 dollars par semaine pour avoir fait l’intermédiaire. C’est non! A ce tarif-là, Raph et moi pourrions vivre dans une colocation dans un appart! La seconde réponse vient de PickNZ. Le courriel me dit seulement : contacter John à ce numéro, il aurait peut-être besoin de personnes pour du bud thinning, autrement dit, couper les bourgeons. Je prends mon téléphone, j’appelle le John en question, me présente et lui dit que nous voulons travailler. Pas de soucis, dit-il, je ne suis pas chez moi mais je vais vous texter une adresse, allez y rencontrer Hana aujourd’hui. Dans la foulée, nous mettons donc cap sur Havelock North, une petite ville à une vingtaine de kilomètres de Napier. Je me souviens être dans l’auto avec Raph et nous ne savions même pas où nous allions tomber! Quel est le nom de l’entreprise? Quels fruits produisent-il? Nous ne savions rien du tout!


Arrivés à destination, nous rencontrons Hana, qui nous fait la visite du verger (des pommes et aussi des poires), nous montre le travail à effectuer, nous donne les horaires de travail (du lundi au vendredi de 9h à 16h30 avec trois pauses) et les modalités de paie (salaire minimum soit 15,75 dollars NZ brut/heure). Nous sommes vendredi, il est 15h15, elle me dit que ça ne sert à rien de commencer maintenant car ils finissent dans une heure mais que lundi, elle nous attend. Elle nous fait la visite d’un camp à l’arrière du verger où nous pourrons loger pour 20 dollars par personne par semaine. On accepte! Je recontacte John par message pour lui souligner notre intérêt et il nous attend le dimanche soir pour une première rencontre avec sa femme dans sa cuisine. Nous intégrons le camp le soir-même pour commencer notre première journée le lendemain. Nous signons notre contrat de travail a début de semaine pour une période de 2 mois.

 

Le job à Arcadia Organic Orchard

Notre première semaine se déroule à merveille. Nous rencontrons nos collègues de travail, une famille maorie. Hana, la manager, son frère Hemy et un de ses fils Durant. Hemy nous apprend quelques mots en maori et chante de superbes chansons dans les vergers en travaillant. Le soleil est de la partie et le travail ne nous courbature pas. Je travaille en binôme avec Raph et nous remontons les allées en fleur pour prendre soin de ces nouveaux bourgeons qui foisonnent sur les branches. Le temps passe relativement vite quand même! Nous n’avons pas de pression car nous sommes payés à l’heure et non au rendement. Nous nous concentrons pour faire notre travail au mieux. Le vendredi, nous nous retrouvons au packhouse au fond du verger. C’est l’endroit où on tri les pommes et on les charge dans des caisses de 18 kilos pour les envoyer dans les marchés le week-end. Je suis moins friande de ce travail-là. Il faut aller vite car le tri se fait sur un tapis roulant. On jette les pommes jugées abîmées. Le lundi de la deuxième semaine, la paye rentre. Cela fait plaisir! Mais nous déchantons vite : il pleut tellement que notre journée de travail est annulée. Pas de job pas de paie!

Le camp

Le camp n’est plus entretenu depuis le mois d’avril-mai. Laissé à l’abandon, il est seulement squatté par les collègues de travail pendant leur pause cigarette. L’état du camp était terrible à notre arrivée : fiente d’oiseaux, nids, araignées, moisissures, vaisselle oubliée sur le comptoir depuis des lustres, fourmis dans la poubelle. Pourtant, nous voyons le potentiel : douche extérieure avec eau chauffée au gaz, cuisine équipée, machine à laver, toilettes. Nous vivons clairement dehors. Les premiers jours ont été intenses car on lavait les lieux après notre journée de travail.

Nous avons aussi une caravane mise à notre disposition mais nous ne vivons pas encore dedans car il n’y a plus de fenêtre. Elles sont en cours de réparation. Pour le moment, nous dormons dans notre voiture.

Ma première douche dans le verger était mémorable car elle a eu lieu dans le noir, à la frontale. Il faisait froid! Les nuits sont fraîches et être à poil à 10 degrés dans de l’eau avec une petite pression, ça nous laisse de beaux souvenirs.

Les animaux

Depuis une semaine, nous cohabitons littéralement avec une multitude d’animaux. Des anguilles se baladent dans la rivière en arrière, des pukeko (gros oiseaux qui courent) et des lapins serpentent les champs autour (d’ailleurs un des lapins a été dépecé par un de nos prédécesseurs et sa peau sèche encore sur notre corde à linge…), des araignées me barrent la route quand je suis assise sur les chiottes, les abeilles sont nos compagnons au travail et une multitude de moustiques gisent contre le plafond de notre véhicule. Nous avons eu une invasion de fourmis dans nos boîtes de bouffe. Le clou du spectacle a été les cafards dans l’évier et dans l’une des caravanes. J’ai appelé Raph à la rescousse qui est arrivé sur ses grands chevaux avec un mouchoir avant de me regarder, effaré, en me disant : mais je fais comment pour le tuer? Le mouchoir est trop petit!

Contre toute attente, nos pires ennemis sont les oiseaux. Nous avons enlevé 4 nids de la cuisine car la cohabitation devenait impossible. Pour se venger, ils nous ont chié sur la voiture. Le matin avant de m’installer à table, je dois automatiquement laver ma chaise et la table. C’est décapant ce qu’ils lâchent ma parole! J’ai essayé d’accrocher des CDs, en espérant que les reflets leur feraient peur. Mais rien n’y fait! Avez-vous des conseils à nous donner pour les éloigner?

Oh, et Leslie, la femme de John m’a demandé : vous n’avez pas encore eu de rats et de souris? (Mon poil se hérisse.) Oui, parce que l’an passé, le couple tchèque avait sympathisé avec un rat de la rivière et le nourrissaient tous les jours. Bah super. Avec moi, ça n’arrivera pas!

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